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Le blog de memoires-polaroides

Le blog de memoires-polaroides

Ce blog raconte en majeure partie la vie de son auteur. Au fil de ses articles, ce dernier livre ses états d'âme et dépeint le monde qui l'entoure à sa façon.


Ma nature profonde

Publié par memoires-polaroides sur 2 Décembre 2020, 09:18am

Ma nature profonde

Je retrouve enfin un temps de sommeil normal et je ne saurais expliquer pourquoi. C'est peut-être à cause de ces longues balades que je fais dans la campagne depuis quelques jours. Je marche dans le hameau de mon enfance, parfois en lisière de forêt le long d'un ruisseau à l'eau si limpide que l'envie de m'y tremper les pieds me traverse toujours l'esprit. Mon regard se perd dans les petits remous de l' « Allemogne » ainsi que dans l’enchevêtrement des branches au dessous desquelles elle serpente et je retrouve ainsi mon moi profond, celui de mon jeune âge lorsque je communiquais avec cette nature brute grâce à un langage sans mot. Le silence, juste perturbé par le bruit de mes pas sur le chemin de terre et mon souffle régulier et reconnaissant, s'impose comme une évidence, une réponse au vacarme inutile généré par la société des hommes. Je m'arrête de temps en temps, regarde autour de moi et suis pris d'un regret, celui de ne pas être venu plus souvent faire la paix avec tout ça. Il arrive que des larmes me brouillent la vue. L'émotion, le froid...

Hier, j'ai croisé quelques vaches dans un champ paissant paisiblement au son de leurs clarines. C'est marrant, j'ai eu un réflexe de citadin en prenant mes distances de peur de me faire charger, même si une clôture électrique nous séparait. Certaines génisses peuvent avoir un comportement bizarre et puis un taureau était probablement occupé à surveiller son harem. Bref, je ne me sentais pas tranquille... J'ai repensé à ce mouflet que j'étais qui aurait traversé ce champ sans la moindre hésitation. Voilà ce que l'on nous a appris : nous méfier de ce que nous devrions chérir et faire confiance à un mode de vie destructeur.

Un écureuil est descendu d'un chêne pour venir me voir, curieux ou affolé, je ne sais pas. J'ai dégainé mon téléphone pour saisir l'instant. Des souvenirs de Hide Park me sont revenus. Dans ce parc londonien, les écureuils, peu farouches, venaient manger dans la main des promeneurs et repartaient aussitôt se planquer dans les grands arbres. Enfin, celui d'hier était vraiment sauvage et je ne sais pas ce qui lui a pris de se montrer comme ça. 

Il y a deux jours, je suis passé devant le chalet que j'habitais avec mes parents, gamin. Il m'a paru si petit ! Une maison de poupée, presque. Enfin, il est encore là, 50 ans après sa construction, en très bon état. J'étais rassuré et me suis dit qu'un jour, si la chance me souriait et que je gagnais suffisamment d'argent, je le rachèterais à ses nouveaux propriétaires, quitte à le payer bien plus cher que sa valeur. Cette maison est un symbole, celui de mes années d'insouciance, avant le divorce et ma maladie. Ils ont installé un portail automatique en métal à l'entrée et une clôture tout autour du terrain. L'époque est différente. Nous avions une boîte aux lettres en bois que mon père avait fabriquée. Certaines années, des piafs venaient faire leur nid à l'intérieur alors le facteur avait pour consigne de mettre le courrier à côté. Aujourd'hui, ils ont mis une boîte en métal fermée à clé.

Il est 7 heures 30. La nuit se retire doucement. Les cafés ne rouvriront pas avant le 20 janvier, si le taux d'hospitalisation n'a pas explosé suite aux orgies de fin d'année. Ce qui veut dire que mon confinement est prolongé au moins jusqu'à cette date.

Ma vie sociale est restreinte mais c'est l'occasion de me réconcilier avec la nature, d'user mes semelles dans la campagne, de rattraper un peu le temps perdu, en somme.

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